Abdelkbir EL-HAKKAOUI

 Président d’AIDE Fédération

Allocution d’ouverture 

Mesdames et messieurs les ministres,

Messieurs les responsables des institutions nationales et internationales,

Messieurs les députés,

Mesdames et messieurs les présidents et responsables associatifs,

 Au nom de AIDE Fédération, je vous remercie de votre présence, et souhaite notamment exprimer ma gratitude à tous les ministres, responsables des institutions nationales et internationales, responsables de la société civile, pour le soutien qu’ils nous ont apporté dans l’organisation de ce forum et sans lesquels les présentes assises n’auraient pu avoir lieu.          

 A l’occasion du 60éme anniversaire de l’adoption de la déclaration universelle des droits de l’homme (DUDH) ; qui vise à faire des droits humains une réalité pour tous, force est de constater que partout dans le monde, les principes de l’égalité sont loin d’être respectés.

 Les conditions matérielles et morales des quatre cinquièmes de la population mondiale ne se sont guère améliorées, un milliard de personnes dans le monde restent sous-alimentés, ce qui constitue autant d’atteintes aux droits fondamentaux des êtres humains.

 Les pénuries alimentaires et le manque d’eau sont un problème de plus en plus grave. L’apparition de famines et de désordres importants dus à la faim et à la cherté de la vie provoque de violentes émeutes un peu partout dans le monde et en particulier en Afrique.

 La famine et l’oppression poussent des milliers de désespérés vers les rivages du continent européen à la recherche d’une vie meilleure ; lorsqu’ils échappent à la mort, ils se trouvent parqués dans des centres dits de rétention pour une durée allant de six à dix huit mois avec expulsion au bout de leur détention.

 Comment oserions-nous alors parler des droits de l’homme et de la personne humaine ?

 Le défi lancé dans le cadre du millénaire pour réduire de moitié la misère dans le monde d’ici 2015, semble lourdement compromis. L’espoir de voir les perspectives des OMD, telles que vivre à l’abri de la faim, jouir d’une éducation de base et d’une bonne santé se concrétiser, semble de toute évidence remis en cause.

 Lors du Sommet mondial pour le développement social (1995) de Copenhague, où notre ONG était présente, les chefs d’Etats  et de gouvernements ont tous relevé l’injustice flagrante entre un monde d’abondance et de richesse face à un autre sur lequel sont présents la pauvreté et la misère. Ils se sont engagés à créer un environnement économique, politique, social, culturel et juridique plus juste qui leur permettra de parvenir à un développement durable.

 Depuis 1995, plus d’une vingtaine d’engagements ont été pris par ces mêmes chefs d’Etats et de gouvernements des pays riches, en faveur de l’élimination de la pauvreté, de la promotion de l’aide au développement du continent africain. Tous ces engagements sont restés lettre morte.

 La récente assemblée générale de l’ONU qui s’est tenue le mois dernier aux Nations Unies à New York a adopté, en présence de nombreux chefs d’Etats et de gouvernements, une « déclaration politique sur les besoins de l’Afrique en matière de développement ».

 Cette énième déclaration, sera-t-elle davantage respectée que les précédentes, et dans quelle mesure cette simple déclaration engage les membres permanents à la fois du Conseil de sécurité et du G 8.

 Pourtant, lorsque ces pays riches et puissants se trouvent confrontés à des problèmes économiques qui les concernent directement, ils trouvent sans difficulté  les moyens nécessaires, financiers ou autres, pour y faire face.

 Pour ne citer que deux exemples parmi d’autres :

  • En 2007 ces pays ont dépensé 270 milliards de dollars pour les seules subventions à leur agriculture.
  • Cette année, à la suite de la crise financière mondiale, plus de 2000 milliards de dollars ont été mobilisés afin d’en amortir les effets financiers.

 Pendant ce temps, cent mille personnes meurent par jour de la faim dans le monde et le continent africain continue a lutter pour sa survie au jour le jour et ce, dans l’indifférence quasi générale des pays nantis.

 Même l’aide publique au développement pour l’Afrique a baissé considérablement ces dernières années. Rien que pour 2007 l’aide provenant de l’Union Européenne est passé hélas, de 0,41% à 0,38%, ce qui se traduit par une baisse de 1,7 milliard de dollars au risque de voir s’aggraver la famine, les maladies et la mortalités sur le continent ; les répercussions de la crise actuelle ne feront qu’accentuer cet état de fait.

 Alors que 72 milliards de dollars annuels suffiraient, selon l’estimation du Secrétaire Général des Nations Unies, à faire face à la réalisation des OMD.

 On peut légitimement se demander pourquoi l’Organisation de Nations Unies, et notamment son Secrétaire Général, ne sont pas pourvus des moyens nécessaires pour mettre en œuvre les recommandations, résolutions ou décisions de la communauté internationale, telles qu’elles ont été exprimées démocratiquement au niveau de l’assemblée générale.

 La situation en Afrique est d’une gravité extrême, mais elle n’est pas désespérée :

  • Si l’aide publique au développement cesse d’être un budget de charité institutionnelle de bonne conscience ;
  • Si le Conseil de sécurité et les pays industrialisés honorent leurs promesses faites lors du sommet de Gleneagles en 2005 de doubler leur aide en Afrique ;
  • Si,et seulement si, cette aide octroyée à l’Afrique servait effectivement à son développement et non à l’enrichissement personnel de certain dirigeants ;

Ce continent sera alors sur la voie du redressement.

 En effet pour que l’Afrique sorte de la pauvreté et du sous-développement, les pays africains devraient d’abord et avant tout  ne compter que sur eux-mêmes, en essayant d’utiliser au mieux leurs propres ressources naturelles et surtout humaines. Encore faudrait il qu’il y’ait des femmes et des hommes décidés et déterminés à œuvrer dans le cadre d’une dynamique alternative, qui permettrait à l’Afrique de décoller enfin par ses propres mayens, si limités soient-ils.

A ce propos, le Maroc dispose de par la volonté de Sa Majesté le Roi Mohammed VI et celle de son gouvernement de plusieurs atouts dont particulièrement :

  • L’INDH ;
  • La charte de l’éducation ;
  • L’assurance maladie obligatoire ;
  • La création de plusieurs institutions nationales pour la promotion et le développement économique et social ;
  • L’adoption de la stratégie nationale de l’intégration de l’approche genre dans les politiques publiques ;
  • L’élaboration et la mise en œuvre du Plan d’Action Nationale pour l’enfance ;
  • La création de l’Instance Centrale pour la Prévention de la Corruption ;
  • L’implication des associations marocaines dans le développement humain ;

Autant d’initiatives qui laissent espérer la concrétisation en grande partie des OMD d’ici 2015, tout en restant convaincu que la mise en œuvre du Conseil Economique et Social, haute instance constitutionnelle conformément à la haute orientation royale, vient à point nommé pour canaliser les différente synergies pour un développement humain durable.

Pour conclure, je tiens à exprimer mes souhaits les plus profonds que les travaux de ce forum soient couronnés de succès et contribuent à dégager des propositions objectives et concrètes.

 

 

 

 

 

ONG d'action humanitaire et d'aide au développement,
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