Monsieur RHMANI Jamal
Ministre de l'Emploi et de la Formation
Professionnelle/Maroc

Mesdames et Messieurs les ministres,
chers collègues du gouvernement ;
Mesdames et Messieurs les
représentants du système des Nations Unies au Maroc ;
Mesdames et Messieurs les
représentants des ONG marocaines ;
Mes chers amis (es), les jeunes du
Forum pour le troisième millénaire ;
Mesdames et messieurs.
Permettez-moi tout d'abord de remercier
AIDE Fédération pour l’organisation de ce débat autour des Objectifs
du Millénaire pour le développement, et auquel plusieurs acteurs
nationaux, politiques, économiques et associatifs sont venus,
aujourd’hui, participer et contribuer, chacun dans son angle
d’optique, à l’appréciation de ce qui a été réalisé, au Maroc, et de
ce qui reste à faire pour aboutir à l’accomplissement des OMD d’ici
2015.
Il est certain que nous convergeons
unanimement sur le contenu et sur les finalités des objectifs de
développement tracés pour le millénaire. Mais je suis profondément
convaincu de la disparité des moyens et des méthodes mis en œuvre
par les différents pays, pour la concrétisation de ces objectifs.
Ce qui laisse imaginer le grand nombre
de débats initiés dans le monde sur le modes des actions et les
méthodes de travail, comme facteurs majeurs à l’aboutissement des
OMD.
Mesdames et Messieurs
Le Maroc, comme vous le savez bien, est
un pays qui s’est foncièrement engagé à promouvoir, sur un pied
équidistant, son économie et son activité sociale.
Plusieurs analyses économiques,
d’ailleurs très réalistes, mettent en cause la réussite de ce
parallélisme, tenant compte des disparités sociales qui se creusent
au moment même de l’émergence d’une économie libérale mondiale.
Mais nous sommes au Maroc, conscients
de ce risque de vulnérabilité sociale des couches défavorisées par
l’économie de marché, et nous estimons très opportun de faire suivre
l’essor économique de notre pays par une politique sociale dont la
finalité majeure est d’affranchir les couches sociales à la marge du
développement.
Je ne vais pas étaler un bilan de ce
qui à été réalisé pour chacun des huit OMD, mais je profiterais de
l’occasion pour souligner les mérites de notre bilan national tout
en insistant sur les défis fonctionnels qui ont émergé :
Du fait de la transversalité du social,
et de la responsabilité collective du gouvernement et des acteurs, à
engager une politique participative intégrée et concentrée pour la
lutte contre la pauvreté et l’affranchissement socio-économique des
couches vulnérables à risque, quatre conditions ont été remplies :
1-
l’Initiative Nationale du
Développement Humain INDH est venue combler le manque de vision
globale et holistique du développement axé sur la composante
humaine. Avant son avènement, les politiques et les plans de
développement tablaient sur la mise à niveau structurelle sans pour
autant cibler directement les couches sociales concernées. L’INDH a
fourni la première condition de mobilisation nationale qui est à mon
sens plus incitatrice que les directives d’ordre onusien.
2-
Une autre condition qui serait
favorable à l’accomplissement des OMD est la réforme de l’arsenal
juridique et son homogénéisation dans l’esprit du développement
humain. Vous savez tous qu’une panoplie de réformes de fonds a rendu
notre arsenal juridique national un vrai vecteur de changement.
L’innovation tendrait vers l’instrumentalisation des principes des
droits de l’homme, de l’égalité entre les sexes, de l’égalité des
chances dans l’accès aux services (d’éducation, de la santé, des
médias…) et aux initiatives entrepreneuriales (l’économie libre). Le
plus important est l’égalité en matière d’exercice du droit
identitaire (notamment le débat sur l’amazighité d’un grand fragment
de notre civilisation) et aux droits de remise en cause de notre
histoire (l’instance de réconciliation). Car il est primordial aux
OMD de reconnaître les spécificités culturelles et de s’approprier
les soucis identitaires et historiques des gens qu’elle cible.
3-
La troisième condition est
relative au budget que le Maroc attribue au social. Ce palier
requiert déjà le taux de 53% du budget global de l’état, et
plusieurs mesures ont été entreprises pour améliorer la capacité de
consommation des ménages. La caisse de compensation qui est un fonds
d’aide à la consommation a vu son assiette décupler pour arriver à
la somme de 29 milliards de DHS pour l’amélioration des salaires.
Les dividendes de cette politique de socialisation du budget a eu un
impact sur la réduction du taux de chômage à 9.1% et la réduction du
taux de la pauvreté à moins de 9% avec une amélioration du taux de
revenu individuel de 6%.
4-
La quatrième condition sur
laquelle a insisté le huitième objectif des OMD est le renforcement
des partenariats. Dans ce volet, le Maroc a initié un nouveau cadre
de partenariat entre Etat et société civile tout en définissant
(dans le circulaire 07-03 du premier ministre) les nouvelles
conditions et les nouvelles perspectives, tenant compte du nouvel
esprit de gouvernance prononcé par le gouvernement. Comme résultat
probant de cette mesure, le tissu associatif national s’est
développé et renforcé tout en gardant sa distanciation par rapport à
l’état.
Mesdames et Messieurs
Etant ministre de l’emploi et de la
formation professionnelle, je suis très attentif aux idées qui vont
être débattues dans les ateliers thématiques dont l’objet est
d’appréhender de façon spécifique l’emploi des jeunes dans une
perspective OMD.
Et je comprends profondément la
relation qui s’est toujours installée entre l’amélioration de
l’employabilité des jeunes et la lutte contre la pauvreté. Du moment
que le chômage des jeunes est considéré comme étant un obstacle au
processus de leurs affranchissement socio-économique et à
l’accomplissement des OMD. C’est pourquoi l’emploi des jeunes a été
mis à l’ordre du jour international en même temps que la définition
des OMD.
Et il serait impropre aussi de nier la
priorité de l’emploi des jeunes et de leur autonomisation économique
dans tout processus de développement durable.
Dans cette perspective nous avons
installé, au niveau du département, une approche de développement
intégrée dont les jalons sont les suivants :
-
L’application de la convergence autour social comme méthode de
travail qui réunirait les plans d’action des différentes
institutions de tutelle.
-
L’extension des services et prestations du département à des
couches sociales défavorisées (que ce se soit les services
d’orientation d’intégration et de reconversion des profils des
jeunes chercheurs d’emploi, ou l’accès à l’appareil de formation
professionnelle, ou même l’accès aux services de couverture
sociale). Dans cette perspective nous avons ouvert le programme
MOKAWALATI aux jeunes porteurs de projets sans condition
d’obtention d’un diplôme. Et dans le même ordre d’appréciation
nous préparons l’extension de la couverture médicale aux
étudiants et aux professions libérales. Nous sommes actuellement
conscients d’élitisme et de sélectivité du système de formation
professionnelle qui st loin de la saturation et nous gardons
droit devant nous la généralisation et l’accessibilité de la
formation professionnelle comme vecteur d’affranchissement
socio-économique des jeunes.
-
En troisième lieu nous avons initié une ouverture du Ministère
de l’emploi et de la formation professionnelle pour consolider
davantage le partenariat avec le tissu associatif. Dans ce cadre
plus de 30 projets ont été lancés en matière de formation par
apprentissage aux profits des jeunes dans les régions ciblées
par l’INDH, et nous comptons poursuivre ce plan d’ouverture pour
d’autres paliers.
-
En quatrième lieu, nous avons initié un programme
d’institutionnalisation du genre dans le département et nommé
des points- focaux genres dans toute les structures et
institutions de tutelle. En matière de lutte contre le travail
des enfants, nous avons crée une cellule d’inspecteurs de
travail dont la mission essentielle est de suivre au peigne fin
d’application de la loi en matière de protection des mineurs et
de lutte contre le travail des enfants moins de 15ans.
Mesdames et Messieurs,
Je ne laisserais point l’occasion de
m’échapper sans remercier encore une fois, l’engagement de AIDE
Fédération qui a réussi à impliquer autant de responsabilités
éminentes à participer à ce grand débat d’actualité, tout en sachant
que la crise mondiale et le défi climatique hypothèquent
l’accomplissement de tout ce qui est social et humain. Je comprends
la pesanteur de notre mission.